Puebla est la ville que presque tout le monde visite en une journée depuis Mexico, et qui mérite deux nuits. Son centre baroque est classé par l'UNESCO, sa céramique est une appellation protégée, sa cuisine a donné au pays son plat national, et la plus grosse pyramide de la planète se trouve à vingt minutes de son Zócalo.
Le centre historique, trié par horaire
Neuf arrêts, tous dans un carré de dix rues. L'ordre compte plus que la liste : la moitié des lieux ferment le lundi et la chapelle du Rosaire se visite mal pendant les offices.
- 1. Capilla del RosarioMatin
30 minGratuit
Une chapelle latérale du temple de Santo Domingo, achevée en 1690, entièrement recouverte de stuc doré à la feuille du sol à la voûte. Les contemporains l'appelaient la huitième merveille du Nouveau Monde et personne ne trouvait la formule excessive. C'est le morceau de baroque le plus dense du Mexique, et l'entrée est libre.
C'est une chapelle en activité, pas un musée. Pendant les messes, on entre mais on ne circule pas et on ne photographie pas. Le début de matinée en semaine est le seul créneau vraiment tranquille.
- 2. Biblioteca PalafoxianaMatin
45 minAutour de 50 pesos
Fondée en 1646 quand l'évêque Juan de Palafox y Mendoza donna ses cinq mille volumes au séminaire, à une condition : que tout le monde puisse y entrer, pas seulement le clergé. C'est ce qui en fait la première bibliothèque publique des Amériques. Le fonds historique compte aujourd'hui plus de 45 000 ouvrages, et l'UNESCO l'a inscrite au registre Mémoire du monde en 2005.
Elle occupe l'étage de la Casa de la Cultura, et l'on passe devant sans la voir depuis la rue. Fermée le lundi, comme la plupart des institutions culturelles de la ville.
- 3. Musée AmparoMatin
2 hAutour de 90 pesos
Le meilleur musée de la ville, ouvert en 1991 dans deux demeures coloniales réunies, retravaillées en 2011 par Enrique Norten. La collection préhispanique est l'une des rares au Mexique à être présentée par aires culturelles plutôt que par vitrines chronologiques, ce qui la rend lisible même sans bagage.
La terrasse du dernier étage donne sur les clochers de la cathédrale et sur les volcans par temps clair. Elle n'est signalée nulle part dans le parcours.
- 4. Cathédrale et ZócaloAprès-midi
1 hGratuit
Deux tours de près de soixante-dix mètres, les plus hautes du pays, sur une cathédrale mise en chantier en 1575 et consacrée en 1649. Elle borde le Zócalo au nord, une vraie place arborée où la ville se retrouve plutôt qu'une esplanade de parade comme à Mexico.
L'accès aux tours est occasionnel et dépend des travaux en cours. Ne pas construire sa journée autour.
- 5. Callejón de los SaposAprès-midi
1 hGratuit
Une rue d'antiquaires et de brocanteurs à quatre rues du Zócalo, avec des façades peintes et des terrasses. Le marché aux puces se tient le week-end sur la placette au bout, et c'est là qu'on trouve les vieilles pièces de talavera plutôt que dans les boutiques à touristes.
En semaine, la rue est jolie mais endormie. Le samedi et le dimanche, c'est un tout autre lieu.
- 6. El Parián et le Barrio del ArtistaAprès-midi
1 hGratuit
L'ancien marché couvert de 1760, converti en une centaine d'échoppes d'artisanat, et juste à côté le quartier des peintres avec ses ateliers ouverts sur la rue. C'est le point de chute évident pour la talavera, à condition de savoir ce qu'on regarde.
La quasi-totalité de ce qui s'y vend est de la céramique décorative, pas de la talavera certifiée. Rien d'illégitime, mais ce n'est pas le même objet ni le même prix.
- 7. Museo Internacional del BarrocoAprès-midi
2 hAutour de 120 pesos
À l'est du centre, un bâtiment de Toyo Ito en voiles de béton blanc, consacré au baroque comme phénomène mondial plutôt qu'à l'art local. Le contraste avec le centre historique est total, et c'est justement l'intérêt.
Il est loin du centre, comptez un taxi ou vingt minutes de voiture. À réserver à un deuxième jour sur place.
- 8. Forts de Loreto et GuadalupeAprès-midi
1 h 30Autour de 100 pesos
La colline où s'est jouée la bataille du 5 mai 1862, aujourd'hui un parc avec deux forts et deux musées. Loreto garde ses remparts et son artillerie d'époque, et la vue sur la vallée explique mieux que n'importe quel panneau pourquoi Lorencez a perdu la journée en attaquant par là.
Les musées sont fermés le lundi. Le parc, lui, reste ouvert et la vue vaut déjà le déplacement.
- 9. Le Zócalo à la nuit tombéeSoir
1 hGratuit
La cathédrale éclairée, les terrasses des arcades pleines, les vendeurs de camotes et les familles sous les arbres. C'est le moment où Puebla cesse d'être un décor colonial et redevient une ville d'un million sept cent mille habitants qui sort de bureau.
C'est aussi le créneau que rate systématiquement l'excursion à la journée depuis Mexico, repartie vers seize heures.
L'essentiel en un coup d'œil
- Où : à 110 km au sud-est de Mexico, à 2 135 m d'altitude.
- Durée conseillée : 2 nuits, 3 si vous ajoutez Atlixco ou les volcans.
- Le classement : centre historique inscrit à l'UNESCO en 1987, sur 597 hectares.
- Le piège : Cholula est fermé le lundi et le mardi.
- La saison : les chiles en nogada, de fin juillet à septembre seulement.
- Les volcans : le Popocatépetl est interdit d'ascension, pas l'Iztaccíhuatl.
Puebla en bref : UNESCO, à 2 h de Mexico
Puebla a été fondée le 16 avril 1531, sur un terrain vide choisi exprès entre les territoires de Tlaxcala, Cholula et Cuauhtinchan. C'est ce qui la distingue de toutes les autres grandes villes coloniales du pays : elle n'a pas été bâtie sur une cité indigène conquise, elle a été dessinée à partir de rien, en damier, par des Espagnols qui voulaient une ville à eux sur la route entre Veracruz et Mexico.
Le résultat tient encore debout. Le centre historique est inscrit au patrimoine mondial depuis 1987, sur une zone de 597 hectares, au titre des critères (ii) et (iv) : la qualité de son architecture religieuse baroque et l'usage systématique de l'azulejo, ce carreau de faïence émaillée qui recouvre les façades et donne à la ville son visage. Le détail des sites mexicains classés est sur notre page des monuments du Mexique.
La ville compte aujourd'hui 1,7 million d'habitants, un peu plus de trois millions avec son agglomération, ce qui en fait la quatrième du pays. Elle est posée à 2 135 mètres, dans une vallée fermée à l'ouest par le Popocatépetl et l'Iztaccíhuatl, au nord par La Malinche. Cette altitude lui donne un climat tempéré toute l'année, sans moiteur et sans chaleur écrasante, qu'on retrouve dans les autres villes au climat doux du Mexique.
Le centre historique : cathédrale, Capilla del Rosario, Callejón de los Sapos
Tout ce qui compte tient dans un carré d'une dizaine de rues autour du Zócalo, et se fait à pied. Le parcours détaillé est dans le bloc en haut de page ; ce qui suit est ce qu'il faut avoir en tête avant d'y entrer.

La Capilla del Rosario
C'est le morceau de bravoure de la ville, et il est gratuit. Achevée en 1690 dans une chapelle latérale du temple de Santo Domingo, elle est couverte du sol à la voûte de stuc doré à la feuille d'or, avec des angelots, des figures allégoriques et une coupole qui ne laisse pas un centimètre carré vide. Ses contemporains parlaient de la huitième merveille du Nouveau Monde, et la formule ne paraît pas excessive une fois sur place.
Une précision utile : c'est une chapelle en activité. On y entre librement, mais pendant les offices on ne circule pas et on ne photographie pas. Le début de matinée en semaine reste le seul créneau où l'on peut vraiment la regarder.
La Biblioteca Palafoxiana
En 1646, l'évêque Juan de Palafox y Mendoza donna ses cinq mille volumes au séminaire de la ville, à une condition : que n'importe qui puisse venir y lire, pas seulement le clergé. D'où son titre de première bibliothèque publique des Amériques. Le fonds historique dépasse aujourd'hui les 45 000 ouvrages, rangés sur trois niveaux de rayonnages en bois sculpté, et l'UNESCO l'a inscrite au registre Mémoire du monde en 2005.
Elle se trouve à l'étage de la Casa de la Cultura, sur la 5 Oriente, et rien depuis la rue ne signale ce qu'il y a en haut. Comme la plupart des institutions culturelles de la ville, elle est fermée le lundi.
Les Sapos, El Parián et les musées
Le Callejón de los Sapos est la rue des antiquaires, à quatre rues du Zócalo, avec un marché aux puces le week-end sur la placette au bout. C'est là qu'on trouve les vieilles pièces de talavera plutôt que dans les boutiques du centre. Juste à côté, El Parián, ancien marché couvert de 1760 devenu une centaine d'échoppes d'artisanat, et le Barrio del Artista et ses ateliers ouverts sur la rue.
Côté musées, le Musée Amparo est celui qu'il ne faut pas rater : deux demeures coloniales réunies, ouvertes au public en 1991 et retravaillées en 2011 par Enrique Norten, avec une collection préhispanique présentée par aires culturelles plutôt que par vitrines chronologiques. Sa terrasse du dernier étage donne sur les clochers de la cathédrale et sur les volcans par temps clair, et elle n'est signalée nulle part.
La talavera : ateliers, où en acheter du vrai
La talavera est arrivée avec les potiers espagnols au XVIe siècle et n'a pratiquement pas changé de procédé depuis. C'est elle qui couvre les façades de la ville en azulejos, et c'est le seul souvenir de Puebla où l'écart entre l'objet authentique et sa copie se compte en centaines de pesos sans que rien, sur un étal, ne le signale.
Deux reconnaissances encadrent le terme. Une appellation d'origine mexicaine, accordée le 11 septembre 1997, qui réserve le nom aux ateliers certifiés des districts d'Atlixco, Cholula, Puebla et Tecali. Et une inscription au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO en 2019, dans un dossier partagé avec l'Espagne, qui protège les gestes plutôt que le nom.
Reconnaître une vraie talavera
L'appellation d'origine, accordée le 11 septembre 1997, ne couvre que les districts d'Atlixco, Cholula, Puebla et Tecali, et seulement les ateliers qui passent la certification. Tout le reste est de la céramique décorative, ce qui n'a rien d'illégitime mais n'a ni le même prix ni la même durée de vie.
- La terre
- Certifiée :Sable noir d'Amozoc et sable blanc de Tecali, lavés et filtrés, dans les proportions du cahier des charges
- Décorative :N'importe quelle argile industrielle, souvent hors de l'État
- L'émail
- Certifiée :Émail à base d'étain et de plomb, opaque, épais, légèrement irrégulier
- Décorative :Émail synthétique, surface parfaitement lisse et brillante
- Les couleurs
- Certifiée :Six pigments minéraux seulement : bleu de cobalt, jaune, noir, vert, orangé, mauve
- Décorative :Toute la palette, y compris des teintes vives impossibles à obtenir au minéral
- Le décor
- Certifiée :Peint à main levée, d'où de légères variations d'une pièce à l'autre
- Décorative :Souvent au pochoir ou au transfert, motifs parfaitement identiques
- La cuisson
- Certifiée :Deux cuissons, entre trois et quatre mois de fabrication par pièce
- Décorative :Une cuisson, quelques jours
- Le dessous
- Certifiée :Signature du peintre, sigle de l'atelier et numéro d'enregistrement de la certification
- Décorative :Rien, ou une simple mention « Puebla »
- Le prix
- Certifiée :Une assiette de table démarre autour de 600 à 900 pesos
- Décorative :La même assiette entre 80 et 200 pesos
Le geste utile tient en trois secondes : retourner la pièce. Une talavera certifiée porte au dos la signature du peintre et le numéro d'enregistrement de l'atelier. Un fond nu ou un simple « Puebla » peint, c'est de la décoration.

Concrètement, si vous voulez de la talavera certifiée, allez en atelier, pas au marché. Plusieurs maisons du centre et de Cholula ouvrent leur fabrique à la visite et montrent les deux cuissons, le tour et la peinture à main levée ; on y voit en dix minutes pourquoi une pièce demande trois à quatre mois. Si vous voulez simplement un souvenir coloré à vingt euros, El Parián fait très bien l'affaire, à condition de savoir que ce n'est pas le même objet.
Cholula et sa grande pyramide, face au Popocatépetl
À vingt minutes du centre de Puebla se trouve la plus grosse pyramide du monde, et presque personne ne la reconnaît en la voyant. Le Tlachihualtépetl, « la colline faite à la main » en nahuatl, mesure 450 mètres de côté pour 66 mètres de haut, soit un volume de 4 460 000 m³ : environ deux fois celui de la pyramide de Khéops. Elle n'est pas la plus haute, elle est de très loin la plus massive.
Elle ressemble à une colline parce qu'elle en est littéralement devenue une. Construite en sept pyramides superposées entre 300 avant et 900 après notre ère, chacune recouvrant entièrement la précédente, elle est bâtie en terre et en adobe, pas en pierre taillée. Deux siècles d'abandon et de végétation ont fait le reste. Les Espagnols ont posé une église au sommet en 1594, le sanctuaire de Nuestra Señora de los Remedios, classée monument historique, ce qui interdit aujourd'hui de fouiller la pyramide en entier.
Ce qui se visite, ce sont les tunnels : environ huit kilomètres creusés par les archéologues dans le noyau, dont une portion ouverte au public, qui permet de voir les phases de construction successives. Plus le Patio de los Altares, sur le flanc sud, et la fresque des buveurs de pulque, longue de 56 mètres, dégagée en 1969.
Visiter Cholula : l'essentiel
- Horaires : du mercredi au dimanche, de 9 h à 17 h. Fermé lundi et mardi.
- Tarif : 210 pesos pour les étrangers, 105 pesos pour les résidents au Mexique.
- Compris : zone archéologique, tunnels, Patio de los Altares et musée de site.
- L'église au sommet : en accès libre, tous les jours, par le chemin extérieur.
Tarifs et horaires INAH relevés en septembre 2026.
Le meilleur moment est la fin de journée : depuis le parvis de l'église, on regarde le Popocatépetl droit dans l'axe, et le panache du volcan se détache sur le couchant. C'est la vue qui résume le mieux cette région, une église coloniale sur une pyramide préhispanique, face à un volcan en activité.
Tonantzintla et Acatepec
À cinq minutes de Cholula, deux églises que l'on fait dans la foulée et qui valent autant que la pyramide. Santa María Tonantzintla est l'exemple le plus abouti de baroque indigène du Mexique : l'intérieur est entièrement modelé en stuc polychrome par des artisans nahuas, avec des visages d'enfants, des fruits et des plumes qui n'ont plus grand-chose d'européen. San Francisco Acatepec, un kilomètre plus loin, a la façade : entièrement couverte de talavera, elle est le plus bel argument possible pour la section précédente.
Les volcans : ce qui se grimpe et ce qui est interdit
La vallée de Puebla est fermée par trois volcans. Aucun autre sujet, sur cette destination, ne charrie autant d'informations périmées. Mettons-le au clair.
Le Popocatépetl (5 426 m) est en activité et le rappelle régulièrement. Le semáforo de alerta volcánica du CENAPRED est en jaune phase 2, avec une zone d'exclusion de 12 kilomètres autour du cratère. Son ascension est interdite, et elle l'est de façon continue depuis la reprise d'activité de 1994. Toute offre qui vous propose de monter au sommet est à fuir. Ce que vous verrez de lui, et c'est déjà beaucoup, c'est sa silhouette et son panache depuis Cholula, Atlixco ou la terrasse du Musée Amparo.
L'Iztaccíhuatl (5 215 m), juste à côté, est dormant et se gravit. C'est une course de haute montagne facile mais réelle, avec névés selon la saison, qui demande un guide et une acclimatation sérieuse à l'altitude. Les sommets secondaires se font à la journée au départ de Puebla, le point culminant demande une nuit en refuge. Plusieurs prestataires partent de la ville, notamment cette formule tout compris au départ de Puebla, transport et guide de montagne inclus.
La Malinche (4 461 m), au nord, est la plus accessible des trois : une longue randonnée à la journée, sans matériel technique, dans une forêt de pins puis sur une arête caillouteuse. C'est l'option raisonnable si vous voulez un sommet mexicain sans y consacrer deux jours, à condition de partir tôt et d'avoir déjà passé quelques jours en altitude.
Manger à Puebla : mole poblano, chiles en nogada, cemitas
Puebla revendique une part considérable de la cuisine nationale, et pour une fois ce n'est pas une exagération touristique. Le mole poblano est le plat que le pays sert dans ses grandes occasions, et les chiles en nogada sont le seul plat mexicain dont la saison fait l'objet d'une couverture de presse chaque année. Le panorama complet est sur notre page cuisine mexicaine ; ici, on s'en tient à ce qui est poblano.
Ce qui se mange, et à quelle saison
Un seul de ces plats a une saison, mais c'est celui que tout le monde vient chercher.
Mole poblano
Toute l'année
Une sauce d'une vingtaine d'ingrédients où trois piments secs, le mulato, l'ancho et le pasilla, font le fond, avec du chocolat en quantité bien plus faible que ne le veut la légende. Il est servi sur de la dinde ou du poulet, avec du riz et du sésame. Puebla et Oaxaca se disputent la paternité du mole depuis assez longtemps pour que la question ne se tranche plus.
Où en manger : Restaurants du centre, marchés, fondas de quartier
Chiles en nogada
Fin juillet à septembre
Un poblano farci de viande et de fruits, nappé d'une crème de noix et couvert de grains de grenade. Le vert, le blanc et le rouge du drapeau, servis tièdes. Sa fenêtre tient à la noix de Castille fraîche, disponible de la fin juillet à septembre, et à la grenade qui mûrit au même moment.
Où en manger : Cartes saisonnières, foire de San Andrés Calpan en août
Cemitas
Toute l'année
Le sandwich de Puebla : un pain brioché au sésame, de la milanesa ou du pied de porc, du quesillo effiloché, de l'avocat, du chipotle et surtout du pápalo, une herbe au goût très marqué qu'on ne trouve pratiquement nulle part ailleurs. C'est le plat populaire de la ville, pas un plat de restaurant.
Où en manger : Mercado Venustiano Carranza, dit le marché aux cemitas
Camotes et tortitas de Santa Clara
Toute l'année
La patate douce confite en bâtonnets parfumés, et le petit sablé nappé de graine de courge. Une rue entière du centre ne vend que ça, héritage des couvents qui produisaient les douceurs de la ville.
Où en manger : Calle 6 Oriente, la rue des confiseries
Chalupas et molotes
Toute l'année
Des galettes de maïs frites nappées de sauce verte ou rouge, effilochée de porc et oignon, vendues par quatre ou par six pour quelques dizaines de pesos. Le vrai dîner poblano ordinaire.
Où en manger : Stands de rue, surtout le soir

Deux légendes conventuelles se racontent en ville : le mole inventé au couvent de Santa Rosa pour un évêque de passage, les chiles en nogada au couvent de Santa Mónica pour Iturbide en 1821. Les historiens ont démonté les deux, et on trouve trace de recettes antérieures dans des livres de cuisine du XVIIIe siècle. Cela n'empêche personne de les raconter, et les couvents en question se visitent tous les deux.
Le conseil pratique, lui, ne bouge pas : les meilleures cemitas sont au Mercado Venustiano Carranza, que les habitants appellent le marché aux cemitas, et pas dans le centre touristique. Les chalupas et les molotes se mangent le soir, dans la rue, pour quelques dizaines de pesos. Et la 6 Oriente est une rue entière de confiseries, héritée des couvents qui fournissaient la ville en douceurs.
Le 5 mai et la bataille de Puebla
Le 5 mai 1862, l'armée française du général de Lorencez, forte d'environ 6 500 hommes et considérée comme la meilleure d'Europe, attaque Puebla sur la route de Mexico. Elle se heurte aux forts de Loreto et Guadalupe, tenus par l'armée d'Orient du général Ignacio Zaragoza, avec un jeune Porfirio Díaz à la tête de l'aile droite. Lorencez choisit d'attaquer frontalement la colline, contre l'avis de ses alliés conservateurs. Il est repoussé trois fois, une averse achève de bloquer sa progression, et il se retire en fin d'après-midi.
Le bilan officiel français fait état de 476 pertes, contre 83 morts, 132 blessés et 12 disparus côté mexicain. Militairement, la victoire n'a rien réglé : les Français reviennent l'année suivante avec trois fois plus d'hommes, prennent la ville et installent Maximilien. Symboliquement, elle est restée, au point que la ville s'appelle officiellement Heroica Puebla de Zaragoza.
Une nuance que peu de visiteurs anticipent : le Cinco de Mayo est une fête bien plus importante aux États-Unis qu'au Mexique, où elle n'est un jour férié nulle part. Sauf à Puebla, justement, et dans l'État qui porte son nom : ici, il y a un grand défilé militaire et civil, et la colline des forts est le centre de la journée. Si vous passez un 5 mai, attendez-vous à une ville fermée à la circulation et pleine de monde.
Y aller depuis Mexico et combien de temps rester
Puebla est à 110 kilomètres de Mexico par l'autoroute 150D. Peu de liaisons au Mexique sont aussi bien desservies. Quatre façons d'y aller, selon d'où vous partez.
| Mode | Depuis | Durée | Arrivée | À savoir |
|---|---|---|---|---|
| Bus depuis TAPO | Mexico centre | 2 h à 2 h 30 | CAPU ou 4 Poniente | Départs toutes les quinze à trente minutes, la formule la plus simple |
| Bus direct | Aéroport de Mexico | 2 h 15 à 2 h 45 | 4 Poniente, en plein centre | Évite complètement la traversée de Mexico, à privilégier en arrivant |
| Voiture | Mexico centre | 2 h hors pointe | Autoroute 150D | Péage à prévoir, et la sortie de Mexico peut doubler le temps annoncé |
| Excursion à la journée | Mexico centre | 10 à 12 h aller-retour | Centre et Cholula | Pratique sans voiture, mais repart avant que la ville ne s'anime |
Le point que personne ne signale assez : si vous arrivez au Mexique par avion et que Puebla est votre première étape, un service direct relie l'aéroport de Mexico au terminal 4 Poniente, en plein centre de Puebla. Vous évitez ainsi entièrement la traversée de la capitale, qui est de loin le pire moment du trajet.
Combien de jours
Deux nuits est le bon format. Une journée pour le centre historique, une pour Cholula avec Tonantzintla et Acatepec dans la foulée. C'est assez pour voir la ville à ses deux heures utiles, la lumière du matin sur les façades et le Zócalo en soirée.
Trois nuits si vous ajoutez Atlixco et son marché du samedi, le Museo Internacional del Barroco, ou une journée de randonnée sur La Malinche. Au-delà, Puebla devient une base pour la Sierra Norte, Cuetzalan et Cantona, ce qui est un autre voyage.
L'aller-retour dans la journée depuis Mexico reste bien sûr possible et beaucoup le font. Il faut juste savoir ce qu'on y perd : l'excursion repart vers seize heures, donc vous verrez Puebla aux heures où elle est la plus écrasée de soleil et la plus touristique, et jamais à celle où elle est belle.
Où dormir
Logez dans le centre historique, dans le périmètre entre le Zócalo et les Sapos : tout se fait à pied et les anciennes demeures coloniales converties en hôtels, avec patio et azulejos, sont la formule locale. Le quartier de Cholula est l'alternative si vous cherchez une ambiance plus jeune, des terrasses face au volcan et des prix un peu plus bas, au prix de vingt minutes de trajet pour le centre de Puebla.
Les prix grimpent nettement pendant la saison des chiles en nogada et autour du 5 mai, les deux moments où la ville se remplit de visiteurs mexicains. Le reste de l'année, Puebla est une destination bon marché.
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Ce qu'il y a autour
| Destination | Distance | Durée | Ce qu'on y trouve |
|---|---|---|---|
| Cholula | 20 min | Demi-journée | La plus grosse pyramide du monde en volume, ses tunnels et son église au sommet |
| Tonantzintla et Acatepec | 25 min | 2 h | Deux églises baroques indigènes, à faire dans la foulée de Cholula |
| Atlixco | 45 min | Demi-journée | Pueblo Mágico des fleurs, marché du samedi, vue dégagée sur le Popocatépetl |
| Africam Safari | 40 min | Journée | Parc animalier en semi-liberté, le plus fréquenté de la région avec des enfants |
| Iztaccíhuatl | 2 h | Journée ou deux | Le volcan dormant, accessible avec un guide, jusqu'à 5 200 m |
| Cuetzalan | 3 h 30 | 2 nuits | Sierra Norte, brumes, cascades et marché nahua du dimanche |
Puebla est-elle sûre ?
C'est la question la plus posée sur cette destination, loin devant les autres, et la réponse est oui pour ce qui concerne le visiteur. Le centre historique, Cholula et les quartiers où vous irez se parcourent à pied, y compris en soirée, sans précaution particulière au-delà de celles de n'importe quelle grande ville.
Il faut cependant dire les choses honnêtement : Puebla est une agglomération de plus de trois millions d'habitants et elle a la délinquance qui va avec. Simplement, celle-ci se concentre dans des périphéries et sur des trafics qui n'ont aucun point de contact avec un séjour touristique. Les deux désagréments réellement signalés par les voyageurs sont les vols à l'arraché dans les transports bondés et les taxis hélés dans la rue : les applications de VTC règlent le second, et laisser son téléphone dans la poche intérieure règle largement le premier.
Un point mérite plus d'attention que la sécurité : les 2 135 mètres d'altitude. Les premières vingt-quatre heures peuvent donner mal à la tête et couper le souffle dans les montées, surtout en venant directement d'un vol long-courrier. Le cadre général est sur notre page sécurité au Mexique.
