Tour néogothique rose de la Parroquia de San Miguel Arcángel dominant les toits de San Miguel de Allende, au Mexique
Guanajuato

San Miguel de Allende

Ruelles pavées, façades ocre et une église rose néogothique dessinée par un maçon d'après une carte postale. La ville coloniale la plus photographiée du Mexique.

San Miguel de Allende se visite en deux jours et se vit beaucoup plus longtemps. Centre classé à l'UNESCO, ruelles pavées, sources chaudes à vingt minutes, et une communauté d'artistes et de retraités nord-américains qui a fait sa réputation autant que ses prix. Voilà ce qu'on y fait, et ce qu'il faut savoir avant.

L'essentiel en un coup d'œil

  • : État de Guanajuato, sur les hauts plateaux du Bajío, à 1 900 m d'altitude.
  • Les incontournables : la Parroquia, le Jardín Allende, la Fábrica La Aurora, le Mirador.
  • Durée conseillée : 2 jours pour la ville, 4 avec Atotonilco et Guanajuato.
  • Accès : 3 h 30 de route de Mexico. Aéroports de Querétaro (1 h) ou León (1 h 30).
  • Budget : la ville la plus chère du Bajío, du fait de sa communauté étrangère.
  • À prévoir : de bonnes chaussures. Les rues sont pavées de galets ronds et pentues.

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Les incontournables de San Miguel de Allende

La Parroquia de San Miguel Arcángel

L'église rose aux flèches néogothiques est l'image de la ville, et son histoire vaut d'être connue. À la fin du XIXe siècle, un maçon autodidacte du nom de Zeferino Gutiérrez s'est vu confier la réfection de la façade. Sans formation d'architecte, il aurait travaillé d'après des cartes postales de cathédrales européennes, traçant ses plans dans le sable pour ses ouvriers. Le résultat n'a d'équivalent nulle part.

Elle domine le Jardín Allende, la place centrale, où les habitants se retrouvent sous les lauriers taillés au carré. C'est le point de rendez-vous permanent de la ville, avec des mariachis en fin de journée et des mariages presque tous les week-ends.

Le centre historique

Le classement UNESCO de 2008 couvre l'ensemble du centre, et se justifie autant par la cohérence de l'architecture que par son rôle dans l'indépendance. Les rues montent, descendent, sont pavées de galets ronds, et les façades ocre, rouge et jaune s'alignent sans rupture. Il n'y a pas de monument obligatoire à part la Parroquia : la visite consiste à marcher.

Deux détours valent le coup. Le Callejón del Chorro, où se trouve la source qui a décidé de l'emplacement de la ville, avec ses anciens lavoirs publics encore utilisés. Et le Mirador, en haut de la ville, pour le coucher de soleil sur les toits et les dômes.

La Fábrica La Aurora

Une ancienne filature de coton fermée dans les années 1990 et transformée en centre d'art : une cinquantaine de galeries, d'ateliers et d'antiquaires occupent les halls industriels, dont on a gardé les sols et les machines. C'est gratuit, calme, et cela dit beaucoup de ce qu'est devenue San Miguel depuis l'arrivée des artistes.

El Charco del Ingenio

Le jardin botanique s'étend sur soixante-dix hectares au-dessus de la ville, autour d'un canyon et d'un barrage. Sa collection de cactées est l'une des plus importantes du Mexique, et le lieu offre le meilleur point de vue d'ensemble sur San Miguel. Comptez deux heures, tôt le matin de préférence.

L'histoire de San Miguel de Allende

Fondée en 1542 par le franciscain Juan de San Miguel, la ville a prospéré sur la route de l'argent qui reliait les mines de Zacatecas à Mexico. Les riches familles de marchands y ont bâti les demeures à patio qu'on visite aujourd'hui.

Son second nom vient d'Ignacio Allende, né ici en 1769, officier de l'armée royale devenu l'un des chefs de l'insurrection de 1810. San Miguel fut la première ville libérée du pouvoir espagnol, et l'a payé : Allende a été fusillé en 1811 et sa tête exposée pendant dix ans à Guanajuato. La ville a pris son nom en 1826.

Le XIXe siècle l'a ensuite laissée de côté, ce qui l'a paradoxalement sauvée : faute de moyens pour se moderniser, elle a gardé son architecture intacte. Dans les années 1930, l'arrivée d'artistes étrangers puis, après 1945, d'anciens soldats américains venus étudier l'art grâce à leur bourse d'après-guerre a lancé la communauté expatriée qui fait aujourd'hui l'identité et le prix de la ville.

Que faire autour de San Miguel

DestinationDistanceDuréeCe qu'on y trouve
Sanctuaire d'Atotonilco20 min1 hFresques murales sur chaque surface, classé UNESCO
Sources chaudes20 minDemi-journéeLa Gruta et Escondido Place, bassins d'eau thermale
Guanajuato1 h 30JournéeVille minière colorée, ruelles et tunnels souterrains
Querétaro1 hJournéeAqueduc, centre UNESCO, vignobles alentour
Dolores Hidalgo45 minDemi-journéeBerceau de l'indépendance, céramique et glaces insolites
Cañada de la Virgen45 minDemi-journéeSite archéologique otomi, visite guidée obligatoire

Le sanctuaire d'Atotonilco

À vingt minutes, ce sanctuaire du XVIIIe siècle est surnommé la chapelle Sixtine du Mexique : chaque centimètre de mur et de voûte est couvert de fresques et de textes, un ensemble d'art baroque populaire classé à l'UNESCO avec le centre de San Miguel. C'est aussi d'ici que le curé Hidalgo a pris la bannière de la Vierge de Guadalupe qui est devenue l'étendard de l'indépendance en 1810.

Les sources d'eau chaude

La région est volcanique et plusieurs établissements exploitent des sources thermales naturelles à une vingtaine de minutes de la ville. La Gruta est la plus connue, avec une série de bassins dont le dernier se rejoint par un tunnel voûté où l'eau chaude tombe du plafond. Escondido Place est plus calme et moins fréquenté. Y aller en semaine et tôt fait toute la différence.

Guanajuato

La capitale de l'État, à une heure trente, joue dans un registre différent : ville minière encaissée dans un ravin, maisons de toutes les couleurs empilées à flanc de colline, et un réseau de tunnels souterrains creusés dans d'anciens lits de rivière où circulent aujourd'hui les voitures. Une journée entière, et beaucoup de dénivelé.

Combien de jours rester

Jour 1 : le centre à pied, la Parroquia, le Jardín, les ruelles, le Callejón del Chorro, puis le Mirador au coucher du soleil. Le soir, un rooftop pour la vue sur les flèches éclairées.

Jour 2 : la Fábrica La Aurora le matin, El Charco del Ingenio ou le marché Ignacio Ramírez, et l'après-midi à ne rien faire, ce qui est le bon usage de la ville.

Jour 3 : Atotonilco le matin, sources chaudes l'après-midi. Les deux sont sur la même route.

Jour 4 : Guanajuato, ou Querétaro selon la direction de votre itinéraire. Ces trois villes forment le circuit classique du Bajío, détaillé dans nos itinéraires au Mexique.

Où loger

La ville est petite, et la vraie question n'est pas le quartier mais la pente. Un hébergement situé trois rues au-dessus du Jardín, sur des pavés ronds à quinze pour cent, transforme chaque retour en épreuve.

SecteurAmbiancePour qui
Centro, autour du JardínTout à portée, animé, cher, cloches et mariachisSéjours courts, premiers voyages
GuadalupeFresques murales, ateliers d'artistes, plus populaireLe meilleur rapport ambiance-prix
San AntonioRésidentiel, calme, à 15 min à pied du centreSéjours longs, budgets moyens
Zona DoradaHôtels modernes, en bas de la villeVoyageurs en voiture

Budget et communauté expatriée

Il faut le dire clairement : San Miguel est chère pour le Mexique. Plusieurs milliers de résidents américains et canadiens y vivent à l'année, et cette présence a tiré vers le haut l'immobilier, les loyers et les cartes des restaurants du centre. Un dîner sur le Jardín coûte deux à trois fois ce qu'il coûterait à Guanajuato.

La parade est simple et fonctionne bien : s'éloigner de trois rues. Le marché Ignacio Ramírez et les fondas des quartiers de Guadalupe et San Antonio pratiquent des prix mexicains ordinaires. Les ordres de grandeur nationaux sont sur notre page coût de la vie au Mexique.

Cette communauté fait aussi l'intérêt de la ville pour qui envisage de s'installer : services en anglais, système de santé de bon niveau à Querétaro, climat stable et associations actives. C'est l'une des destinations les plus citées sur notre page retraite au Mexique.

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Altitude, climat et chaussures

À 1 900 mètres, San Miguel bénéficie d'un climat sec et doux toute l'année, avec des journées entre 22 et 28 degrés et des nuits qui descendent franchement, parfois autour de 8 degrés en janvier. Le soleil du Bajío est intense malgré la douceur apparente : chapeau et crème solaire ne sont pas facultatifs.

Le vrai conseil pratique de cette page concerne les chaussures. Les rues du centre sont pavées de galets ronds irréguliers et souvent en forte pente. Les semelles fines et les talons y sont une mauvaise idée, et les chevilles s'en souviennent.

Quand y aller

D'octobre à mai, la saison sèche donne un ciel dégagé en permanence. De juin à septembre, il pleut en fin d'après-midi, ce qui rend les matinées parfaitement utilisables et la campagne alentour verte.

Trois dates marquent le calendrier local. La fête de San Miguel Arcángel fin septembre, avec l'alborada, un feu d'artifice tiré à quatre heures du matin sur la place. La fête des morts début novembre. Et le festival de jazz en novembre également. Ces périodes demandent de réserver bien à l'avance. Le calendrier national est sur notre page quand partir au Mexique.

Questions fréquentes sur San Miguel de Allende

Voir la Parroquia de San Miguel Arcángel, cette église rose néogothique qui est l'image de la ville, se perdre dans les ruelles pavées du centre classé à l'UNESCO, monter au Mirador pour le coucher de soleil, visiter la Fábrica La Aurora, ancienne usine textile devenue centre d'art, et le jardin botanique El Charco del Ingenio. Autour, le sanctuaire d'Atotonilco et les sources d'eau chaude naturelles à vingt minutes. La ville se vit surtout en flânant : c'est une destination d'ambiance, pas de monuments à cocher.

Fondée en 1542 par le frère franciscain Juan de San Miguel, la ville s'est enrichie sur la route de l'argent entre Zacatecas et Mexico. Elle doit son nom complet à Ignacio Allende, né ici en 1769, l'un des chefs de la guerre d'indépendance déclenchée en 1810 à quelques kilomètres de là : la ville a été la première libérée du pouvoir espagnol. Tombée dans l'oubli au XIXe siècle, elle a été sauvée dans les années 1930 par l'arrivée d'artistes étrangers, puis d'anciens GI américains venus étudier l'art avec leur bourse d'après-guerre. Le centre est classé à l'UNESCO depuis 2008.

La ville compte environ cent mille habitants, et la municipalité dans son ensemble un peu moins de deux cent mille. Plusieurs milliers de résidents étrangers, majoritairement américains et canadiens, y vivent à l'année, ce qui est considérable à cette échelle et se ressent immédiatement dans les prix, les commerces et la langue qu'on entend dans la rue.

Deux jours pleins suffisent largement pour la ville, qui est petite et se parcourt entièrement à pied. Un troisième jour permet Atotonilco et les sources chaudes, un quatrième une excursion à Guanajuato. Beaucoup de voyageurs y restent pourtant plus longtemps, non pour visiter mais pour le rythme : c'est une ville où l'on s'installe à une terrasse plutôt qu'on ne coche des sites.

Environ 1 900 mètres, sur les hauts plateaux du Bajío. L'altitude se ressent peu, sauf dans les montées du centre historique qui sont raides et pavées de galets ronds, épuisantes avec des chaussures inadaptées. Elle explique surtout le climat : des journées douces toute l'année et des nuits qui descendent nettement, y compris en été.

Environ 275 kilomètres, soit trois heures trente à quatre heures de route par l'autoroute à péage. Les bus de classe supérieure font la liaison plusieurs fois par jour depuis la Terminal Norte de Mexico. L'aéroport le plus pratique est celui de Querétaro, à une heure, ou celui de León Bajío, à une heure trente. Il n'existe pas d'aéroport à San Miguel même, contrairement à ce que suggèrent certaines recherches de vols.

Oui, à l'échelle mexicaine, et c'est la principale critique qu'on lui adresse. La présence d'une importante communauté nord-américaine a tiré vers le haut les prix de l'immobilier, des restaurants et des hôtels du centre. Un repas dans une adresse touristique du centre coûte deux à trois fois ce qu'il coûterait à Querétaro ou Guanajuato. Les prix redeviennent normaux dès qu'on s'éloigne de quelques rues, au marché Ignacio Ramírez par exemple.

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